ROLAND REUTENAUER
LIVRES ET POEMES
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Le vieil or, les couleurs mordorées des nuages au-dessus de collines bleues et dures comme dans les tableaux d'autrefois, au seuil d'un pays inconnu que le rêve ne finit pas d'explorer. De grandes retombées de nuages enflammés, effilochés sur le bleu progressif. A l'horizontale, des lanières fumantes, figées. Trischer cheminait au plus près des fougères grasses et lumineuses, au plus près de l'invisible. Ou, levant les bras au ciel, hélant des étoiles naufragées, il descendait les marches usées de l'hiver. Les herbes qui avaient rendu le vert bourdonnaient à ses oreilles. Des paillettes d'aluminium amollissaient l'air. Il approchait des étangs noirs, des arbres morts dont les branches trempaient dans d'immenses flaques de plomb en fusion. D'où venait la lumière ? Parfois le paysage entier basculait, s'exposait à une source lumineuse invisible. Les surfaces des étangs viraient au blanc métallique. D'autres fois, le noir se cristallisait en un noir intense et pur. Les couleurs affleuraient par plaques successives, mais peut-être n'était-ce qu'illusion.